21.9.09

Lettre ouverte de Faraj Chemsi au ministre de l'agriculture


Dr Faraj Chemsi
76560 Héricourt en Caux
Faraj (point) chemsi (at) orange.fr

Le 21/09/2009
Monsieur Bruno le Maire
Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de la pêche,

Quand vous étiez secrétaire d’état aux affaires européennes, Monsieur Revêt, sénateur de mon département, vous a fait parvenir ma demande d’application des lois françaises issues de directives européennes permettant à tous les Français le choix de leur caisse d’assurance sociale.

Vous avez nié la fin du monopole de la sécurité sociale française en me fournissant une réponse-type que l’on retrouve au portail de la sécurité sociale.

Mais en regardant de plus près, vous aurez constaté que la page internet des caisses nationales de Sécurité sociale indique que « les institutions de retraite complémentaire régies par le titre II du même livre qui mettent en œuvre la retraite complémentaire obligatoire en répartition des travailleurs salariés et assurent une solidarité nationale interprofessionnelle (ARRCO et ARGIRC, articles L 921-1 et suivants du code de la sécurité sociale) relèvent, elles, de l’organisation de la sécurité sociale ». Or l’article L 921-1 trouve son origine dans la loi n° 94-678 du 8 août 1994 relative à la protection sociale complémentaire des salariés et portant transposition des directives n° 92-49 et n° 92-96 des 18 juin et 10 novembre 1992 du Conseil des communautés européennes.

Vous aurez ainsi remarqué, que l’ARRCO et l’AGIRC, régimes de Sécurité sociale à part entière, sont bel et bien visés par les directives européennes.

Il en découle nécessairement que tous les régimes de la Sécurité sociale le sont aussi et qu’aucun d’entre eux n’a plus le moindre monopole.

Par votre réponse, vous vous acharnez tout simplement à défendre le monopole de la Sécurité sociale française issu du pacte de 1945 (Bachelot, LCI) alors que nous nous approchons de 2010.

La réalité économique française, ou plutôt le mouvement de destruction économique engendré par le trop plein de charges sociales, mouvement qui s’est accéléré à partir de 2003, continue d’écraser un à un tous les secteurs économiques de notre pays.

Actuellement ce sont nos amis agriculteurs qui voient leur marge bénéficiaire se réduire à néant, que ce soit pour le lait, le blé, la viande.

Autre illustration significative, les producteurs de fruits espagnols vendent à la frontière leurs produits au détail à un prix inférieur au coût de production de leurs homologues français. Et là aussi ce n’est pas le salaire net de la main-d’œuvre qui est en cause, mais les impôts et charges sociales qui l’alourdissent.

Les agriculteurs ont des coûts de production, malgré des fermes ultramodernes, conformes aux normes européennes en vigueur, largement supérieurs à leur homologues et les transformateurs laitiers français enregistrent une accentuation de la perte de compétitivité et doivent avoir recours de plus en plus aux importations, délaissant la production française.

Le principal bénéficiaire de notre perte de compétitivité est l’Allemagne, pays à hauts salaires et où les agriculteurs sont soumis aux mêmes règlementations européennes mais dont les dépenses publiques sont inférieures aux nôtres à hauteur de 9 points du PIB.

Je me permets, Monsieur le ministre, de vous rappeler l'article 57 de la directive 92/49/CEE définitivement transposée dans le droit français où il est indiqué :

"Les Etats membres adoptent au plus tard le 31 décembre 1993 les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive et les mettent en vigueur au plus tard le 1er juillet 1994."

La France devait donc à partir du 1er juillet 1994 mettre en concurrence les caisses de sécurité sociale.

De l’autre côté du Rhin, en Allemagne, les caisses publiques sont en concurrence depuis 1996.

Pourquoi cette date de janvier 1996 ?

La lecture de la directive européenne 92/49/CEE fournit la réponse. A l'article 47 il est indiqué :

"La République fédérale d'Allemagne peut reporter jusqu'au 1er janvier 1996 l'application de l'article 54 paragraphe 2 deuxième alinéa première phrase."

C'est donc en application de cette directive "qu'en Allemagne les caisses publiques d'assurance maladie sont en concurrence depuis janvier 1996" comme l'a déclaré Monsieur Jean-François Mattei (Journal Officiel de la République Française rapportant la séance du 27 octobre 1998 de l'Assemblée nationale).

Comment peut-il dès lors se faire qu'un texte européen soit applicable en Allemagne et non en France, puisque le gouvernement français continue d’affirmer que les directives européennes ne sont pas applicables à la Sécurité sociale ?

Vous ne pouvez, Monsieur le Ministre, ignorer ces dysfonctionnements dans l’application du droit européen qui sont à l’origine du manque de compétitivité de nos agriculteurs, de notre industrie agro-alimentaire.

Pendant ce temps, les transformateurs laitiers français annoncent aux agriculteurs, qui passent la moitié de leur temps à gérer leurs primes, à comprendre l’avalanche de nouvelles réglementations, une nouvelle baisse du prix du lait dans les prochains mois.

Pour rappel, pour sortir du conflit avec les marins-pêcheurs, votre gouvernement n’a trouvé qu’une seule et unique solution : la suppression temporaire des charges sociales.

Quelle solution allez-vous apporter à nos agriculteurs, à mes voisins qui m’ont annoncé votre probable visite à Lindebeuf (Seine-Maritime) cette semaine, pour qu’ils aient des coûts de production équivalents à ceux de leurs homologues allemands ?

La France continuera-t-elle d’être un pays où toute entreprise n’est considérée comme viable que si elle alimente les régimes sociaux ?

Je vous prie, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de mes salutations les plus respectueuses.

Dr Faraj CHEMSI

10.9.09

Bitur-Camember et Nasr Eddin Hodja

Moi aussi, bille en tête et sans désemparer, je vais contribuer à la théorie libertarienne en proposant la variante Nasr Eddin Hodja de la loi de Bitur-Camember. Ce qui me l'a inspiré est la réception du document suivant, très érudit et fouillé : Pourquoi pas "Bitur-Camember?"‏, et aussi mes lectures de vacances : Les aventures de l'incomparable Nasr Eddin Hodja.

Nasr Eddin Hodja est un personnage mythique, à la fois ingénu et faux-naïf, toujours quelque part entre l'idiot du village et le génie méconnu, une espèce de sapeur Camember oriental qui aurait quitté l'armée en n'ayant pas toute sa tête. Ses histoires, si l'on veut bien ne pas tenir compte de l'environnement moyen-oriental et de l'inspiration soufie, rappellent certains récits zen. Ainsi Nasr Eddin Hodja assure ne pas monter son âne à l'envers, il l'a monté comme d'habitude du pied droit, mais en fait il est tombé sur un animal qui est gaucher. Quand il perd un objet, il va le chercher là où il y a de la lumière, même s'il sait que l'objet ne s'y trouve pas. Il ne comprend pas qu'un chat vole une volaille en oubliant également de voler la recette pour l'apprêter. Il court après le son de sa voix pour savoir jusqu'où elle porte. Quand il prétend ressusciter les morts et que le sultan veut le mettre à l'épreuve, il propose de décapiter ce dernier pour prouver ses dires. Ses saillies d'absurdiste peuvent être souvent transposées à la politique. Ainsi, le récit suivant, qui donne le dernier mot au politicien, plus subtilement que Christophe avec le borné sergent Bitur, qui lui, ne sait manier que le bâton et n'a pas appris l'art de l'enfumage avec l'incomparable Nasr Eddin.
Un plan mûrement réfléchi
Nasr Eddin creuse un trou profond dans son jardin, qu'il comble ensuite de pierres. Un voisin le voit faire et l'interpelle ironiquement :
- Hé, Hodja ! C'est très bien à toi de faire disparaître les pierres, mais que vas-tu faire de la terre que tu as retirée ?
- Rien de plus simple, répond Nasr Eddin : je la mettrai dans un autre trou, que j'aurai creusé après celui-ci.
- Très ingénieux, Nasr Eddin ! Mais dis-moi, la terre que tu auras retirée du deuxième trou, qu'en feras-tu ? La mettras-tu dans un troisième ?
- Allons, laisse-moi tranquille maintenant. Je n'ai pas le temps de t'expliquer mon plan dans tous les détails.

Il fait bien : le diable n'est-il pas dans les détails ? Surtout quand les "détails" sont aussi gros qu'un Trou de la Sécu dans le budget d'un ministère du Déficit !

Ainsi, à la loi de Bitur-Camember : "la redistribution politique détruit en tendance une richesse équivalente à celle qu'elle vole", j'ajoute le corollaire de Nasr Eddin Hodja : "l'art de la politique consiste à masquer la destruction de richesse par l'enfumage des victimes".

1.7.09

Blog en vacances


Ce blog existe depuis 5 ans. Il contient à présent une masse d'information qui devrait vous donner une idée de l'entreprise maléfique qu'est la sinistre SS ainsi que de la façon dont on peut la quitter. Les articles à lire :
- la légende rose de la SS, pour les couillons franchouillards qui croient encore que la SS est inégalable ;
- toujours pour les couillons, le tag idées reçues devrait leur permettre d'évaluer à quel point ils se laissent prendre par la propagande franchouillarde ;
- après ça, les-dits couillons pourront réviser leurs connaissances grâce au quizz ;
- comment échapper au Sécuraptor, sachant que les tribunaux français, aux ordres du pouvoir cryptosoviétique, et en toute illégalité, refusent toujours d'appliquer les décisions européennes ;
- la FAQ date un peu mais est toujours valable ;
- le meilleur article sur l'historique de la fin du monopole est toujours celui d'Entreprendre : Le monopole de la sécurité sociale n’existe plus ! ;
- le tag vidéos pour accéder aux émissions sur ce sujet.

Bonnes vacances à tous !

29.6.09

L'imposture des "conquêtes sociales"

Rediffusion du billet du 09/02/2008.

A faire lire à tous les gogos de gauche et à tous les ultraconservateurs soviétiques de droite...

En 1945, un gouvernement non élu, dont les membres sont, d'un côté, des démocrates sociaux ou des démocrates-chrétiens, et, de l'autre, des communistes, parvient à imposer au peuple certaines ordonnances [les ordonnances d'octobre 1945 qui créent la SS].

En 1946, la Sécurité sociale réunit les suffrages d'opinions par ailleurs diamétralement opposées, à savoir, d'un côté, les susdits "démocrates", chrétiens ou sociaux, et de l'autre les communistes. Les thèses de la protection contre "l'inhumanité du droit", les "abus de pouvoir des capitalistes", contre "les échecs du marché", et l'argument du caractère "injuste" ou "inefficace" des activités de protection ciblées sur les risques sociaux, toutes ces rationalisations, intenables, à peine formulées, et par des rivaux politiques de surcroît, conspirent pour imposer une masse jamais vue d'obligations légales à des individus discriminés et dépouillés pour une part substantielle et croissante du fruit de leur effort.

Tout ce monde-là se met d'accord pour dépouiller le salarié, pour le priver de sa liberté, à condition qu'on lui présente la chose comme un "cadeau" arraché au patron : c'est ce qu'on appelle une "conquête sociale" (...) : conquête que la caste exploiteuse au pouvoir fait sur la société. Il est tout à fait légitime que Laroque
[le "père" de la sinistre SS] voie les choses comme une "conquête" de son point de vue, puisque cette caste exploiteuse, il en fait éminemment partie. Les procédés d'illusion fiscale mis en œuvre ici sont :
  • la violence indirecte : les prétendues "cotisations sociales" sont en fait volées au salarié, mais dans le bureau du patron. Et certains salariés d'applaudir ce vol, dont ils ne savent pas que ce sont eux les victimes. Bien fait pour eux !
  • la violence masquée : le voleur de l'état se cache derrière le patron. Si l'employé se plaint d'être mal payé, il accusera le patron d'être l'exploiteur, alors que sans les taxes [charges dites "sociales"] que l'état impose sur les salaires, l'employé gagnerait presque deux fois plus.
  • la discrimination ostensible et corruptrice, qui fait mine de s'en prendre à une minorité (réputée riche, de préférence) et cherche à faire des autres les complices de cette injustice en leur donnant à penser qu'ils en profitent, pour les désarmer moralement.
  • l'amalgame entre le service authentique (l'assurance) et le vol (l'impôt-subvention), dans des conditions (le monopole) qui empêchent les entrepreneurs honnêtes de faire la preuve qu'on n'a pas du tout besoin du vol pour que le service soit fourni. La sécurité sociale en est un exemple parfait, la plupart des gens s'imaginant obtenir de la redistribution politique socialiste les services qu'ils doivent en fait à une forme dégradée d'assurance mutuelle.
Extrait de La Sécurité sociale et comment s'en sortir, de Georges Lane, pages 201, 202.

Comment appelle-t-on un prétendu service public qui vit essentiellement d'argent volé ? Un monopole communiste (le livre rappelle que le terme est de Gustave de Molinari - "De la production de la sécurité", 1849).

26.6.09

Requiem pour une sécu esclavagiste



A écouter en gardant en tête l'immense souffrance que la Sécurité sociale a imposée au peuple français : salaires arbitrairement amputés (quasiment de moitié), faillites d'entreprises croulant sous les charges, délocalisations, chômage, appauvrissement général, esclavagisme étatique, précarisation des plus fragiles, promesses de retraites qui ne seront pas tenues, etc.

Si vous n'aimez pas le baroque, vous préfèrerez peut-être les Funérailles à la façon romantique.

24.6.09

Union pour la monarchie présidentielle

Bien que non libéral, Delize livre de temps en temps des dessins bien sentis. A quand une nouvelle nuit du 4 août pour abattre les privilèges publics de notre noblesse d'Etat ?

17.6.09

Prix 2009 de la citation économique imbécile

Ce prix (que je viens d'inventer) échoit à Gérard Cornilleau, économiste à l'OFCE, pour avoir écrit :

"Le déficit de la Sécurité sociale n'a pas vocation à être comblé".

Une autre chose n'a pas "vocation à être comblée" : le gouffre insondable de la sottise humaine et le non moins insondable déficit de pensée rationnelle qui y est afférent.

On se demande si certains vivent dans la réalité ou dans le monde de leurs rêves... Quand c'est un économiste officiel qui profère de telles absurdités, ça devient grave - à moins que le titre d'économiste ne soit en Soviétie française un permis illimité de dire n'importe quoi ?

A une époque où l'œuvre de Bastiat est accessible en ligne, un tel "absurdiste" n'a vraiment pas d'excuse : on pourrait espérer qu'il ne soit pas aveuglé par la légende rose de la sinistre SS, en tous cas moins que le Français moyen qui a l'excuse d'avoir dû supporter le bourrage de crâne étatique depuis si longtemps.

Rien à voir, mais voici un blog que je viens de découvrir, d'un "petit généraliste de merde sans intérêt" (dit-il lui-même), qui narre ses aventures cocasses et primesautières avec la sinistre SS... Comme d'habitude, la SS, organe de spoliation para-étatique massive à la botte des pouvoirs politiques et syndicaux, tape sur les "politiquement faibles" que sont les malades et les médecins. Heureusement que chaque jour qui passe sa faillite finale s'approche.

12.6.09

Question/réponse

Un lecteur m'écrit, il a consulté un service juridique au sujet de la possibilité de quitter la Sécu. Voici ce qui lui a été répondu :
Le droit communautaire ne vous accorde aucun droit de vous affranchir, s'il n'est pas contestable que c'est du droit français que votre situation relève (notamment au regard des règles communautaire) - et il ne semble pas que ce le soit - de l'affiliation au régime obligatoire pertinent.

Il semblerait que vous appliquiez à la sécurité sociale un principe qui ne s'applique qu'aux assurances privées, y compris en matière de soins de santé ou de complément de retraite, etc., à savoir la libre circulation des services. Ce principe implique la possibilité de choisir un assureur établi dans un autre Etat membre de l'Union européenne, sans entrave législatives ou administratives à cela, et dans le respect de la volonté contractuelle des deux parties.

Nous ne voyons pas d'argument pour asseoir votre prétention de ne pas cotiser au régime obligatoire des travailleurs indépendants en France.
Et voici ce que je lui ai dit :
La réponse qu'on vous a faite ne me surprend pas, et quasiment tous les conseils juridiques vous répondront la même chose.

"Il semblerait que vous appliquiez à la sécurité sociale un principe qui ne s'applique qu'aux assurances privées" : mais justement, en France la sécurité sociale est une assurance privée : les caisses de SS sont de droit privé, ce sont des mutuelles, leurs employés ne sont d'ailleurs pas des fonctionnaires.

C'est l'amalgame habituel : on confond la partie législative de la sécurité sociale, qui reste du ressort des Etats, et les organismes qui offrent des services de sécurité sociale, qui sont "des sociétés d’assurance, des institutions de prévoyance et des mutuelles". L'assurance santé est bien obligatoire, mais on a le choix de s'assurer où on veut.

Imaginez un Allemand qui a déjà une assurance santé et qui vient s'établir en France comme indépendant : va-t-on lui demander de se désassurer pour cotiser au "monopole" ? Ce serait une drôle de conception du marché unique !

Relisez l'article qui explique pourquoi il y a ce blocage en France : Le monopole de la sécurité sociale n’existe plus.

En pratique, ceux qui veulent vraiment quitter le système (et économiser d'énormes sommes) prennent leurs précautions : ils "organisent leur insolvabilité" en n'ayant plus de biens saisissables. J'en parle un peu ici : Comment échapper au Sécuraptor gallicus.

C'est triste de devoir en passer par là, mais vous n'imaginez pas tous les intérêts (professionnels, syndicaux, politiques) qui ont intérêt à garder le "monopole" en l'état, parce qu'ils en profitent (le trou de la Sécu n'est pas un trou pour tout le monde).

10.6.09

Dessin libertarien 87


Le déficit 2009 de la Sécu pourrait atteindre 21 milliards d'euros...

6.6.09

La dérive étatiste du système de santé helvétique

Par Francis Richard, de Lausanne.

Comparé au système de santé français, le système de santé helvétique est encore relativement libéral. Mais le germe des calamités étatiques est en lui. Pour corriger les dysfonctionnements qui en résultent, l’Etat préconise toujours plus de contrôle et d’intervention. Fort heureusement face aux remèdes socialistes la résistance s’organise pour éviter les maux qui en découlent.






alt : La dérive étatiste du système de santé helvétique.

2.6.09

Même le gauchiste Guaino le dit : "l'Europe, c'est la fin du monopole de la sécurité sociale"

C'est dans la Provence : Guaino : "L'Europe est devenue un projet bureaucratique".

- La gauche reproche à Nicolas Sarkozy de ne pas parler d'Europe sociale...

H. G. : Que ceux qui réclament que la protection sociale devienne une compétence européenne disent la vérité: ce serait la fin du modèle social français. La fin du monopole de la sécurité sociale. Un droit du travail et un régime de retraite alignés sur la moyenne européenne donc beaucoup moins favorables… L'Europe sociale est celle qui protège nos emplois et qui lutte contre les dumping...

31.5.09

Le 7 juin : n'oubliez pas de ne pas aller voter !



Bon, moi j'irai sans doute voter pour Alternative libérale, bien que leur spot de campagne soit vraiment gnan-gnan... Ils ont encore des efforts à faire pour devenir de vrais libertariens qui pourfendent l'Etat socialo-sarkozyste comme la cochonnerie liberticide qu'il est.

Bravo quand même à la Brigade de l'Argent des Français, qui a eu les honneurs du Buzz de LCI avec cette vidéo.

26.5.09

Extension du domaine du soviétisme : gardarem lou monopole !


Un e-mail que m'envoie une lectrice. Les soviétiques monopoliseurs ne veulent décidément pas lâcher le morceau et n'hésitent pas à employer les méthodes de dissuasion musclées. Tant pis pour eux : ils font le jeu des compagnies d'assurances qui sont hors du territoire (comme Amariz).
__________________

Je me permets de vous faire part - à chaud - du dernier entretien téléphonique que j'ai eu ce jour avec la représentante de la société IHI, mutuelle danoise qui proposait jusqu'à présent des produits d'assurance santé aux ressortissants français.

A ma demande, elle a refusé tout net de souscrire pour ma famille quelque police que ce soit. En effet, des directives très précises émanent de sa Direction, qui fait l'objet de pressions de la part des autorités françaises.

IHI a donc interdiction de vendre une assurance santé à un ressortissant français. Les quelques "fous" qui se sont risqués à souscrire une assurance auprès d'IHI ces dernières années ont été contraints de résilier leur police, et ont été par conséquent remboursés par cet organisme.

Elle m'a conseillé de me tourner vers une société d'assurance sans représentation physique sur notre beau territoire national... Nous sommes donc concrètement en Soviétie française !

24.5.09

Adresse de Faraj Chemsi aux candidats aux élections européennes

A la veille d’élections européennes en France pour lesquelles les Français montrent peu d’intérêt, je me permets de vous interpeller au sujet du refus des gouvernants et tribunaux français d’appliquer des directives européennes complètement transposées dans le droit français.

Depuis une dizaine d’années, des centaines de milliers de citoyens français ont quitté le système de sécurité sociale français.

En effet celui-ci, trop onéreux et offrant de faibles prestations, est devenu destructeur d’avenir puisque basé sur l’endettement.

Ces citoyens sont traînés devant les tribunaux de sécurité sociale qui sont juges et parties au pays des Droits de l’homme et du citoyen...

Quand ils se tournent vers les responsables politiques français, ceux-là même qui ont signé et transposé les lois mettant en concurrence les caisses de sécurité sociale françaises et permettant ainsi la libre circulation des biens et des personnes, ceux-ci indiquent d’une même voix que « la mise en œuvre du droit communautaire dans notre pays ne saurait remettre en cause le monopole des caisses de sécurité sociale ».

Les autorités françaises allèguent le fait que "le droit communautaire ne porte pas atteinte à la compétence des Etats membres pour aménager leurs systèmes de sécurité sociale". Ils oublient volontairement de préciser que "dans l’exercice de cette compétence les états membres doivent respecter le droit communautaire, notamment les dispositions relatives à libre prestation de service", comme l’indique l’arrêt du 16 mai 2006 de la Cour de justice des communautés européennes.

Il s’agit d’un grossier mensonge que ces responsables politiques profèrent en toute connaissance de cause. En effet, leur position s’inscrit dans la stratégie délibérée du gouvernement français visant à retarder le plus possible l’éclatement de la vérité sur l’abrogation du monopole de la sécurité sociale afin de préserver un statu quo dont chacun sait pourtant qu’il est la cause principale des difficultés économiques et sociales de notre pays.

Il n’est pas besoin de faire de longues recherches pour mettre en lumière le caractère scandaleusement mensonger de leurs propos.

Il suffit à cet effet de se reporter au portail Internet de la sécurité sociale française. Au milieu de nombreux développements visant tous à démontrer fallacieusement le maintien du monopole de la sécurité sociale, on peut lire les "informations" suivantes :
« Les institutions de retraite complémentaires régies par le titre II du même livre qui mettent en œuvre la retraite complémentaire obligatoire en répartition des travailleurs salariés et assurent une solidarité nationale interprofessionnellle (ARRCO et AGIRC, articles L 921-1 et suivants du code de la sécurité sociale) relèvent-elles de l’organisation de la sécurité sociale. »
En se reportant aux articles L.921-1 et suivants du code de la sécurité sociale, tels qu’ils figurent sur le site officiel du gouvernement Legifrance, on peut lire les informations suivantes :
Les articles L.921-1 et suivants du code de la sécurité sociale portent la mention « Loi n° 94-678 du 8 août 1994, Journal Officiel du 10 août 1994 ». Or la loi n° 94-678 du 8 août 1994, publiée au Journal Officiel n° 184 du 10 août 1994, page 1165, est ainsi titrée : « Loi n° 94-678 du 8 août 1994 relative à la protection sociale complémentaire des salariés et portant transposition des directives n° 92-49 et n° 92-96 des 18 juin et 10 novembre 1992 du Conseil des communautés européennes ».
Ainsi donc, l’ARRCO et l’AGIRC, régimes de sécurité sociale à part entière, sont bel et bien visés par les directives européennes et les lois qui les ont transposées. Il en découle nécessairement que tous les régimes de sécurité sociale le sont aussi et qu’aucun d’entre eux n’a plus le moindre monopole.

Il est ainsi prouvé que le gouvernement et l’administration française mentent délibérément à la représentation nationale et aux citoyens. Le but de cette attitude antirépublicaine est de maintenir un peu plus longtemps un système social que la construction européenne a rendu caduc mais auquel un certain nombre d’organisations syndicales ne veulent pas renoncer.

J’ajoute que cette réponse mensongère faite aux Européens de nationalité française, constitue une violation de leurs droits et une intolérable discrimination.

Je veux croire, en conséquence, que vous ferez, chers Candidats européens, le nécessaire pour libérer les Français du joug de ce monopole illégalement maintenu par la force et la contrainte en France et manifesterez l'intérêt que vous portez à la façon dont y est appliquée la Convention européenne des Droits de l'Homme, ainsi qu’à la façon dont les Français sont contraints d'accepter le maintien du système social actuel au mépris des lois nationales et des engagements communautaires de la France.

Veuillez, chers Candidats, nous faire part de vos intentions d’action.
___________________

CJCE / ARRET WATTS C – 372 / 04 DU 16 MAI 2006

Au point 92, reprenant la position de la commission européenne, il est écrit :

« S’il est constant que le droit communautaire ne porte pas atteinte à la compétence des États membres pour aménager leurs systèmes de sécurité sociale et que, en l’absence d’une harmonisation au niveau communautaire, il appartient à la législation de chaque État membre de déterminer les conditions d’octroi des prestations en matière de sécurité sociale, il demeure toutefois que, dans l’exercice de cette compétence, les États membres doivent respecter le droit communautaire, notamment les dispositions relatives à la libre prestation des services. Lesdites dispositions comportent l’interdiction pour les États membres d’introduire ou de maintenir des restrictions injustifiées à l’exercice de cette liberté dans le domaine des soins de santé. »

Au point 94, la libre prestation de services est une fois de plus confirmée.

« À cet égard, il convient de rappeler que, selon une jurisprudence bien établie, l’article 49 CE s’oppose à l’application de toute réglementation nationale ayant pour effet de rendre la prestation de services entre États membres plus difficile que la prestation de services purement interne à un État membre. »

La CJCE, par ses arrêts, est le « juge suprême ».

La Cour de Cassation et le Conseil d’Etat sont obligés de suivre ses indications. Et les dirigeants des caisses de respecter la loi, sous peine de graves sanctions pénales.